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Allah dit : « Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes de leur confier le dépôt. Ils ont refusé et en ont eu peur. L’homme s’en est alors chargé ; il est très injuste envers lui-même et très ignorant. » Sourate Al-Ahzâb, .72.

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au sujet du port de l’or "circulaire" pour les femmes



Parmi les h’adîths qui indiquent l’interdiction de l’or circulaire pour les femmes, nous avons :


1/ Le hadîth d’Aboû Huraïrah, authentifié par Al-Mundhiriy et Ash-Shawkêniy.

2/ Le hadîth de Thawbân (..), authentifié par al-H’âkim, adh-Dhahabiy, Al-Mundhiriy, et Al-’Irâqiy.

3/ Le hadîth de ’Aïshah avec toutes ses voies de transmission, d’après Ibnu Shihâb d’après ’Urwah d’après elle (...).

4/ Le hadîth de Umm Salamah, rapporté d’elle par Mudjâhid. Et nous avons trouvé un narrateur qui a l’a suivi dans ce même rapport, et aussi un hadîth mursal d’Az-Zhuhriy qui le confirme (...)

5/ Le hadîth d’Asmâ` Bintu Zayd, avec deux voies de transmission (...).

6/ Le hadîth d’Aboû Huraïrah, avec une voie autre que la première. [1]



Ensuite j’ai trouvé un autre texte qui confirme [la non véracité du prétendu consensus]. C’est ce qui est rapporté par ’Abd ur-Razzâq (...) avec sa chaîne authentique d’après ’Atâ` [éminent tâbi’iy] qu’il "détestait tout ce qui est en or", et il disait c’est de la zînah (parure). (...).

Pour cette raison, Ibn H’azm n’a pas mentionné un tel consensus dans son Marâtib ul-Idjmâ’ (p150), au contraire il a fit allusion à l’opposé de cela en disant :

"Ils sont unanimes à considérer qu’il est licite aux femmes de porter de l’argent tant que ce n’est pas excessif".
Et il n’a pas mentionné l’or.

Ibn Taymiyyah [dans sa critique de ce livre d’Ibn H’azm] a agréé cela et ne l’a pas critiqué, comme il le faisait parfois. De même pour le Cheikh Al-Kawthariy qui a mis des commentaires sur le livre, et ce malgré son fanatisme connu pour son madhhab, et sa recherche des moindres fautes d’Ibn Taymiyyah, ainsi que la grande hostilité qu’il avait pour lui, comme cela est bien connu chez les gens de la science. [2]

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Les shubuhâte (semblants d’arguments) autour de l’interdiction de l’or circulaire et leur réfutation



Sache que beaucoup de savants se sont détournés de l’application de ces h’adîths [qui interdisent l’or circulaire (aussi) aux femmes] à causes de certaines shubuhâtes qu’ils ont crus être des arguments.

Beaucoup d’entre eux s’y accrochent encore en les considérant comme des preuves leur permettant de délaisser ces h’adîths.

Like a Star @ heaven Pour cette raison, j’ai pensé qu’il fallait citer ces shubuhâte et les réfuter (...) :

Prétendre qu’il y a consensus sur la permission absolue de l’or pour les femmes :

Arrow 1/ Certains ont prétendu qu’il y avait un consensus sur le caractère absolument licite de l’or pour les femmes.

Et ceci est réfuté par plusieurs aspects :

Premièrement :

Il n’est pas possible de prouver l’authenticité d’un tel consensus dans cette question, même si Al-Bayhaqiy l’a rapporté dans ses Sunan, et d’autres comme Al-H’âfizh Ibn H’adjar dans Al-Fath’, mais c’est comme si celui-ci a fait allusion au fait qu’il n’était pas prouvé en disant, à propos de la bague en or :

"il a été rapporté un consensus sur son caractère licite pour les femmes".

On citera bientôt ce qui annule ce (supposé) consensus.

(...) C’est pour cela que l’Imâm Ah’mad a dit :

"Celui qui prétend qu’il y a un consensus [c’est-à-dire dans les choses autres que celles connues par nécessité par les musulmans] est un menteur. Comment le saurait-il ? Peut-être que les gens ont divergé". (...)

Deuxièment :

Mettre la sunnah au-dessus du consensus qui n’est supporté ni par Le Livre ni par la Sunnah :

Al-’Allâmah al-muh’aqqiq Ibn al-Qayyim al-Djawziyyah a dit :

"Les Imâms de l’islam n’ont pas cessé de mettre le Coran au-dessus de la Sunnah et la sunnah au dessus du consensus, et de placer le consensus à la troisième position(...)".

Et Ibn al-Qayyim a dit aussi en expliquant les bases des fatwâs de l’Imâm Ah’mad :

"Et il (l’Imâm Ah’mad) ne mettait au dessus du hadîth authentique ni les actes [des gens] ni les opinions ni l’analogie ni la parole d’un compagnon, ni la non connaissance d’un avis contraire ; ce que beaucoup de gens appellent un consensus, et mettent au dessus du h’adîth authentique.
Ah’mad a démenti celui qui prétend un tel consensus (...).
Les textes du messager d’Allah sont plus nobles aux yeux de l’Imâm Ah’mad - et des autres savants de h’adîths - que d’être placés après ce qu’on s’imagine être un consensus, et qui n’est qu’une non connaissance d’un avis contraire.
Si cela était permis, on annulerait les textes.
Et il aurait été possible à n’importe qui ne connaissant pas d’avis contraire [au sien] dans une question donnée de mettre son ignorance d’un avis contraire au dessus des Textes".

(...)

Troisièmement :

Il a été prouvé de quoi annuler ce prétendu consensus.
C’est ce qu’a rapporté dans Al-Musannaf, Ibn Sâ’id, (...) et ’Abd ur-Razzâq Ibn H’azm (10/82) avec une chaîne authentique d’après Muh’ammad Ibn Sîrîn qu’il a entendu Abû Huraïrah dire à sa fille :

"Ne porte pas de l’or, je crains que tu ne sois touchée par les Flammes".

Ibn ’Acêkir a rapporté de deux autres voies qu’une fille d’Abû Huraïrah lui a dit :

"Les filles se moquent de moi. Ils me disent : ’Ton père ne te fait pas porter de l’or’.

Alors il lui a dit :

"Dis-leur : ’Mon père ne me fait pas porter de l’or, [car] il craint pour moi les flammes !".

’Abd ur-Razzâq (19/983) a rapporté des propos semblables.

Al-Baghawiy l’a cité sans chaîne complète dans Sharh’ us-Sunnah (3/210/82), et il a rapporté le désaccord qu’il y avait sur cette question.

En effet, après avoir parlé de la permission de porter des bagues en or pour les femmes, chez la majorité, il a dit :

"Mais certains gens ont déconseillé cela".

(...)

Ce que Al-Baghawiy a rapporté concernant le "déconseil" de certains savants auquel il a fait allusion au déconseil tah’rîmî (équivalent à l’interdiction), car c’est ce qui est connu dans la convention des salafs, suivant en cela le style coranique, dans plusieurs versets (...).

J’avais expliqué cette question importante dans mon livre Tah’dhîr us-Sêdjid, min-ittikhâdhi-l-qobûri macêdjid (pp48-55).
Et j’y ai mentionné des exemples (...).

(...)

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La réponse à l’abandon de l’application des h’adîths avec l’excuse de ne pas avoir connaissance des [savants] qui les ont appliqués :

Ceci dit, il se peut qu’il y ait parmi ceux qui sont partisans de la sunnah et qui l’appliquent et appellent vers elle, des gens qui suspendent l’application de ces h’adîths, avec l’excuse qu’ils ne connaissent personne parmi les salafs qui les aient appliqués.

Que ces gens bien-aimées sachent que cette excuse peut être valable dans certaines questions qui sont établies seulement par la déduction et l’idjtihâd, car, dans ce cas, l’esprit ne se tranquilise pas, de crainte que cette déduction ne soit fausse, surtout si ce déducteur est parmi les gens des dernières époques qui établissent des choses qu’aucun musulman avant eux n’a prononcé, avec l’excuse que la maslah’ah (l’intérêt) le nécessite, sans regarder, en premier lieu, si c’est conforme aux textes de la Législation ou pas, comme ceux qui ont rendu licite l’usure en l’appelant "de l’usure de consommation" et le yânasîb khaïriy (loterie de "bienfaisance"), comme ils prétendent, ou autres.

Mais notre question ici n’est pas du même ordre.

Arrow Car il y a des textes explicites établis, sans abrogation - comme cela a été expliqué précédemment - donc, il n’est pas permis d’abandonner leur application pour une telle excuse.

Surtout que nous avons mentionné ceux qui ont appliqué [ces h’adîths] comme Abû Huraïrah , ou waliyy ud-ddîn ad-Dahlawiy et d’autres, comme cité précédemment.
Et il doit y en avoir d’autres qui ont appliqué ces h’adîths, mais que nous ne connaissons pas.

Car Allah Ta’âlâ ne S’est pas engagé à nous conserver les noms de tous ceux qui ont appliqué chaque texte du Qor`ân ou de la Sunnah.
Il s’est seulement engagé à conserver ces Textes, comme il a dit (traduction approchée) :

"Nous avons fait descendre le Rappel, et nous le conserverons".


Il faut donc appliquer le texte, que nous sachions qui l’a déjà appliqué ou pas, tant qu’il n’a pas été prouvé une quelconque abrogation, comme c’est le cas pour notre sujet ci.

Et je clos cette question avec une bonne parole du ’allâmah al-muh’aqqiq Ibn al-Qayyim (...) :

"Les salafs désapprouvaient durement et se mettaient en colère contre ceux qui contredisaient un hadîth du Prophète avec une opinion, ou une analogie ou un istih’sên ou une parole d’une certaine personne quelle qu’elle soit, et ils boycottaient celui qui le faisait. (...)

Ils ne permettaient que le fait d’obéir à l’ordre prophétique, se soumettre et accepter (...).

Il ne leur venait jamais à l’esprit de suspendre l’application [du h’adîth] jusqu’à ce qu’il soit supporté par les actes [des gens] ou l’analogie, ou qu’il s’accorde avec l’avis d’untel ou untel.

Au contraire, ils appliquaient la Parole d’Allah Ta’âlâ (traduction approchée) :


" Il n’ appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’ Allah et Son messager ont décidé d’ une chose d’ avoir encore le choix dans leur façon d’ agir..." [3],


et Sa Parole (traduction approchée) :



"Non !... Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ ils ne t’ auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ ils n’ auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ ils se soumettent complètement (à ta sentence)" [4]. (...)



Mais nous sommes arrivés à une époque où, si on dit à quelqu’un :

il a été prouvé que le Prophète - - a dit telle ou telle chose, il répond :

Arrow "qui est-ce qui a appliqué cela ?",

repoussant ainsi le hadîth, et il fait comme si son ignorance d’un avis contraire était une preuve lui permettant de contredire [le hadîth] et délaisser son application.

Like a Star @ heaven S’il réfléchissait, il s’apercevrait que ceci est parmi le plus grand bâtil (fausseté), et qu’il ne lui est pas permis de repousser les sunans du Prophète avec une telle ignorance.

Arrow Pire encore est son excuse qu’il présente pour son ignorance, car il croit que les musulmans ont été unanimes à contredire cette sunnah.

Et ceci est une mauvaise pensée à l’égard des musulmans, (...).

Arrow Encore pire est l’excuse qu’il présente pour prétendre ce consensus, et qui revient à son ignorance et sa non connaissance de ceux qui ont appliqué ce hadîth.

Cela revient donc à placer son ignorance au dessus de la sunnah.

Et c’est de la part d’Allah qu’on cherche le secours ! [5]

Vous voyez que ces hadîths qui interdisent [l’or circulaire aux femmes] ne se contredisent aucunement avec les hadîths à caractère permissif, car ces derniers sont généraux, et les premiers sont spécifiques, et le spécifique prime sur le général, comme cela a été établi dans la science de fondements [de la jurisprudence].

C’est en suivant cette règle que l’Imâm An-Nawawiy (...) a privilégié l’avis selon lequel il est obligatoire de refaire ses ablutions après avoir mangé de la viande de chameau, alors que c’est contraire à l’avis de son madhhab, et même à l’avis de la majorité (...).

Pour la même raison que ce que nous avons mentionné, Waliyy ul-llâh ad-Dahlawiy a dit dans H’udjjat ul-llâh il-Bâlighah (2/190) après avoir mentionné les hadîths de l’interdiction et le hadîth de la permission :

"Cela veut dire une permission globale [ie : non absolue]. C’est ce qu’implique la signifiaction de ces h’adîths.
Et je n’en ai pas trouvé d’autres qui les contredisent".

Et Siddîq H’acen Khân l’a agréé dans Ar-Rawdhat un-Nadiyyah (2/217-218).

(...)

Il n’y a aucune preuve permettant de prétendre que les hadîths qui interdisent l’or (circulaire) aux femmes sont abrogés.
Au contraire, ceci est contraire à la science des fondements [de fiqh].

Ce qu’on doit faire, c’est concilier ces hadîths avec ceux qui permettent à la femme de porter de l’or, et ce en restreignant [les hadîths] qui sont à caractère absolu, par [les h’adîths] qui sont à caractère spécifique, (...), comme nous l’avons expliqué.

Et il en résulte que tout l’or est licite pour les femmes sauf ce qui est en forme de boucle.

Arrow Tout à fait comme il leur est interdit, par consensus, d’utiliser des récipients en or ou en argent.

La réponse à la réfutation des hadîths précédemment cités par des hadîths permissifs :

Certains repoussent ces h’adîths par d’autres h’adîths, qui permettent l’or circulaire aux femmes.
La réponse à cela est que c’était certainement avant l’interdiction.

Je m’explique :

Il est évidemment connu que l’interdiction d’une chose qui est susceptible d’être licite ou illicite, se trouve toujours précédée par la permission.

S’attacher à [cette permission] en ce cas, nous met en contradiction flagrante avec le contenu explicite des h’adîths qui impliquent l’interdiction.

On peut rapprocher cela de la compréhension des gens équitables, in shâ Allâh, [en rappelant] qu’il y a des h’adîths dont on peut comprendre que l’or est licite pour les hommes aussi.

Arrow Malgré cela personne parmi les savants ne les a adoptés, et ce à cause de l’existence de Textes qui contiennent l’interdiction, et nous en avons mentionné quelques unes.
Plutôt, ils ont dit que cela était avant l’interdiction.

Nous disons de même pour ces h’adîths qui permettent aux femmes de porter de l’or "circulaire". [6]


Sources :

Aadâbu-Zzifâf, al-Maktabat ul-Islâmiyyah, 3ème éd

Auteur :

Cheikh Nâciruddîn Al-Albânî

Traduction :

Adel Abd Allah


Notes :


[1] Aadâbu-Zzifâf, al-Maktabat ul-Islâmiyyah, 3ème éd., pp37-38

[2] Aadâbu-Zzifâf, al-Maktabat ul-Islâmiyyah, 3ème éd.,pp45-46

[3] Sourate 33 Al-Ahzab (les coalisés) : V36

[4] Sourate 4 An-nisa’ (les femmes) : V65

[5] Aadâbu-Zzifâf, al-Maktabat ul-Islâmiyyah, 3ème éd.,pp237-268

[6] Aadâbu-Zzifâf, al-Maktabat ul-Islâmiyyah, 3ème éd.,pp249-255

http://www.sounna.com/spip.php?article172
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port de l’or "circulaire" pour les femmes

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